JonOne — Paper Boy | H.D Galerie
H.D Galerie, 45 Rue Vivienne, Paris 2

CATALOGUe 

JONONE

Né en 1963, New York
Travaille et vit à Paris

De New York à Paris, JonOne transforme l’énergie fondatrice du graffiti en une écriture abstraite, instinctive et libre, où le nom devient geste, rythme et couleur.

Biographie

John JonOne Perello est né en 1963 à New York, d’une mère et d’un père dominicain.
Il vit et travaille aujourd’hui à Paris.

John est un Real New Yorker : il a grandi dans les Heights, un quartier métisse du nord de l'arrondissement de Manhattan. Comme tous les kids de sa génération, il se télescope de plein fouet à la culture Graffiti, qui constituait déjà un mouvement massif dans le New York des eighties. John Perello est vite devenu JonOne, un writer embusqué sur les lignes du métro new-yorkais, au-delà de la 150th rue. “À cette époque, trains et métros hurlaient littéralement de couleurs” se souvient l’artiste. “Ce chocs de chromies, ces œuvres peintes qui jaillissaient des tunnels ont alors marqué toute une génération.” Sa cadence de production, ainsi que l’énergie qu’il déployait alors dans la rue vont devenir ses marques de fabrique. John va rapidement “substituer le traditionnel Wildstyle new yorkais au Freestyle. À ce moment-là, j’avais déjà envie d’improvisation, de formes expressionnistes et abstraites.”

“D'aussi loin que je me souvienne, ma rencontre avec John remonte au tout début des années 1980” confie Henry Chalfant. Réalisateur de films documentaires désormais cultes, auteur d’ouvrages et dépositaire d’un des plus importants fonds photographique dédié à la culture graffiti entre les États-Unis et l’Europe, Henry est un véritable passeur de la culture graffiti. Il a vu John évoluer, dès ses débuts agités. “John était alors passé à mon studio à New York avec un groupe d'amis. Il a toujours été solitaire. Un solitaire et un franc-tireur, face à des pratiques du Graffiti new-yorkais à l’époque codées à l'extrême. À New York, le style était soumis à un académisme très strict. La forme, la façon de composer avec les couleurs ou le lettrage étaient observés, analysés par les membres de la scène d’alors qui levaient, ou non d’ailleurs, leur pouce quant aux pièces qui tournaient à l’époque sur les murs ou les trains. John a fait partie des rares peintres qui ont brisé ce style. Avec ses freestyle, il est allé au bout de sa propre expression picturale. En toute liberté. Sa peinture relevait d'une mise à nu, très forte. Nuits et jours, partout dans la ville ou dans ses sketchbooks, il a charbonné son propre style et dévoilé son indépendance. Il s’est montré aux yeux de tous.”

En 1987, JonOne se fait inviter à Paris. Il ne quittera plus la France, qui va lui prodiguer un second souffle créatif : “j’ai vécu cet exil comme une vraie réincarnation artistique” se souvient John. Il se lance corps et âme dans le travail sur toile. Le public européen le découvre, son réseau de galeristes et d’institutions s’étend. Ses toiles vont alors connaître la lumière de lieux d’exposition à  Tokyo, Monaco, New York ou Hong Kong.

Depuis les sous-sols du métro new yorkais où il graffait les tunnels, jusqu’à la lumière de galeries internationales, John JonOne Perello consomme à pleines dents son mariage avec l’Hexagone. Il n’a jamais quitté sa petite fabrique de toiles, située aux Lilas, où il peint toujours.

Portrait de JonOne en tenue blanche devant une peinture abstraite noire et blanche.

PAPER BOY 

JONONE — PAPER BOY

10 — 23 septembre 2026

Avec Paper Boy, H.D Galerie consacre une exposition personnelle à JonOne et choisit de porter le regard sur une dimension particulière de son travail : le papier.

L’exposition rassemble exclusivement des œuvres uniques, pensées comme autant de fragments d’une écriture en mouvement. Sur le papier, le geste de JonOne apparaît dans ce qu’il a de plus immédiat : rapide, instinctif, physique. La couleur se superpose, les lignes se croisent, les signes s’accumulent jusqu’à faire disparaître la frontière entre écriture et abstraction.

Avant la toile, avant les institutions et les expositions internationales, il y a chez JonOne cette nécessité de laisser une trace.

Né à New York et issu de la culture graffiti, l’artiste construit depuis les années 1980 un langage immédiatement reconnaissable. Son nom, répété jusqu’à saturation, progressivement libéré de sa fonction première, devient matière. Les lettres ne sont plus seulement destinées à être lues : elles deviennent rythme, mouvement et couleur.

Dans Paper Boy, cette énergie rencontre un support plus intime.

Le papier impose une autre relation au geste. Il conserve l’accident, la vitesse, les reprises et les hésitations. Il absorbe la couleur et garde la mémoire de chaque intervention. Là où la monumentalité peut parfois imposer une distance, le papier rapproche. Il permet d’entrer dans la construction même de l’œuvre et de retrouver quelque chose de presque originel dans la pratique de JonOne.

Le titre Paper Boy joue précisément avec cette idée de retour aux fondamentaux. Non pas un retour en arrière, mais une manière de regarder autrement une pratique développée pendant plus de quatre décennies : retrouver la spontanéité du trait, l’urgence de créer et cette liberté qui demeure au cœur de son œuvre.

À travers cette sélection d’œuvres uniques, H.D Galerie souhaite montrer un JonOne à la fois immédiatement identifiable et plus intime. Derrière l’explosion chromatique apparaît la répétition obsessionnelle du geste ; derrière l’énergie, une écriture ; derrière le nom devenu symbole, la main de l’artiste.

Paper Boy est une exposition sur le papier, mais surtout sur la trace : celle que l’on répète, que l’on transforme et que l’on laisse derrière soi.

JonOne assis devant une fresque colorée, entouré de bombes de peinture.
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